par Frédéric Pain, Sainte-Soulle, délégué national Santé et signataire de la motion C
La Loi Hôpital, Patient, Santé et Territoire, quintessence dogmatique d’une droite sans complexes, révèle une politique frénétique au service d’un clan. L’hôpital devient une entreprise devant générer des bénéfices, les patients des objets économiques et la santé un secteur financièrement intéressant !
Nous vivons une période d’inversion du processus de progrès, un renversement idéologique où la restauration d’un ordre ancien se proclame modernité ! En ignorant
à dessein, pour le profit de quelques uns, les équilibres écologiques économiques et sociaux engendrés par le progrès scientifique et technique, notre civilisation s’enfonce dans le chaos et asservit les humains aux vicissitudes de la survie.
La santé en est un triste exemple : Les déterminants d’une bonne santé sont connus (qualité de l’air, de l’eau, de l’alimentation, de l’habitat…mais aussi insertion, reconnaissance sociale et richesse affective sans oublier évidement des soins idéalement préventifs sinon précoces et adaptés.
Au rebours de cette logique élémentaire, le président oubliant ses discours et promesses repousse sine die les mesures environnementales significatives et enfonce les français dans la misère sociale et transforme le système de soins public et privé en entreprise à but lucratif.
Ci-dessous, le texte de l’intervention de Benoît Hamon, premier signataire de la motion C, en clôture du colloque “Crise financière : Que doit proposer la gauche ?”, mercredi 15 octobre 2008. Pour visionner la vidéo, cliquer sur l’image.
Tout à coup, tout irait mieux. Il aurait suffi d’un plan de sauvetage, d’un Président en état de grâce, d’une Europe rassemblée pour stopper la crise et ramener le soleil. Les bourses reprennent de la vigueur, les traders sortent de leur courte déprime, les banques ont réussi à obtenir l’assurance de pouvoir socialiser leurs pertes colossales…
Depuis dimanche, nous serions donc sortis de ce que le nouveau Prix Nobel d’économie qualifie au diapason des économistes les plus sérieux, de début d’un « méchant cycle de récession ». Les bourses, les traders, les banques retrouvent le sourire…
Derrière ce triomphe, il y a le sort de millions d’hommes et de femmes, nus devant la crise, impuissant à renégocier les échéances de leurs dettes, impuissants à endiguer la dégradation de leur pouvoir d’achat, de leurs conditions de travail , de leurs conditions de vie tout simplement, il y a des millions d’hommes et de femmes qui s’apprêtent à recevoir une lettre de licenciement pour cause de délocalisation ou de cessation pure et simple d’activité.
Dans un élan de solidarité sans précédent, les nations du monde au prix d’un gigantesque effort financier, se sont portés au secours du système financier mondial sans que l’on sache aujourd’hui si l’appétit gargantuesque des marchés sera assouvi par l’engloutissement de milliards des dollars et d’euros. Les piliers du temple seraient à nouveau solides. Et les marchands pourraient y reprendre tranquillement leurs emplettes. Comme avant, sans remord, sans souvenir ni leçon du séisme de la veille.
Nous savons pourtant que :
Politiquement, absolument rien n’a changé dans la gouvernance de l’économie mondiale, les acteurs financiers ont simplement trouvé un mécanisme de réassurance, lui-même branché sur les marchés financiers – il y a donc une logique de cercle vicieux si ce n’est une belle arnaque.
Economiquement, des secteurs entiers peuvent être décimés dans les prochaines années, et des centaines de millions d’épargnants sont potentiellement concernés.
Socialement, les conséquences de la crise seront implacables pour l’emploi, le pouvoir d’achat, le marché du logement, l’accès au crédit, les systèmes de retraite par capitalisation… Où sont passés les défenseurs de droite et de gauche des fonds de pensions ?
Moralement enfin, plusieurs milliards de dollars ont été trouvés en quelques jours pour préserver le système financier, quand les Nations Unies consacrent 80 mds de dollars seulement par an aux objectifs du Millénaire de lutte contre la pauvreté.
Alors, pour répondre d’emblée à la question posée pour nos travaux : ce que doit proposer la gauche, en France, en Europe et dans le Monde, c’est un changement profond des règles du jeu, des réformes à la fois réalistes qui s’enracinent dans les causes objectives de la crise que nous subissons, et radicales car les enjeux sont énormes.
Dans un contexte de crise du capitalisme, peut-on envisager un Benoît Hamon comme premier secrétaire du PS ?
Benoît Hamon. D’abord, je ne me réjouis pas de l’existence de cette crise, qui va avoir à court terme des conséquences sociales considérables : délocalisations, licenciements, chantage à la perte d’emploi ou à la baisse de salaire dans certaines entreprises, etc. Mais il est vrai que la crise actuelle vient valider ce que nous répétons depuis plusieurs mois. À savoir que nous arrivons à l’épuisement du système néolibéral et qu’il ne s’agit pas seulement d’un accident.
Mais attention ! On ne sait pas ce qui vient derrière. Il y a des réponses progressistes, mais celles-ci ne s’imposent pas automatiquement ; on peut même connaître au contraire un repli identitaire ou xénophobe. C’est pourquoi nous abordons ce congrès de Reims avec beaucoup de gravité : au moment où la crise valide les thèses de la gauche, celle-ci se trouve partout en très mauvais état avec 14 élections perdues sur les 16 qui se sont tenues en Europe depuis juin 2006 ! La crise de la social-démocratie est générale.
Cette crise n’est-elle pas au contraire une chance pour le capitalisme de se réformer ?
S’il s’agit seulement d’injecter des fonds publics pour que les banques puissent se prêter de l’argent entre elles et éponger leurs dettes de jeu, d’organiser une grande loi d’amnistie, elles recommenceront à spéculer comme avant. Il y aura toujours une économie de marché et des banques privées ; l’enjeu est de trouver de nouvelles règles. Lisez la suite de cette entrée »